Ce mois-ci, le disque du mois sur Groovalizacion nous sert de machine à remonter le temps et nous emmène dans les Caraïbes au milieu du XXe siècle. A bord des "steels drums" de Andy Narell et des histoires de Relator nous débarquons dans les rues de Puerto España au beau milieu des années 50, durant l’age d’or du Calypso. Ce style centenaire né à Trinidad et Tobago se refait une jeunesse grâce à cet album dénommé “University of Calypso”, composé de chansons classiques du légendaire Lord Kitchener, qui a modernisé ce rythme en lui donnant des airs plus sophistiqués, lui insufflant des éléments musicaux qu’il assimila lors d’un séjour de 17 ans à Londres. Depuis cette époque le calypso a continué à évoluer, contaminé par le déferlement de la soul, du funk, du rock, du Chutney music d’inspiration indienne, du reggae ou du dancehall. Et c’est grâce à cet album, publié en 2009, que le son le plus caractéristique et le plus populaire de Trinidad et Tobago a récupéré son essence.
Andy Narell est un musicien de New York basé en France qui s’intéresse depuis quelques années au son frais et coloré des “steel drums”, pour en devenir un des interprètes les plus remarqués, voire même critiqués par certains musiciens locaux qui l’accusent de vol et d’opportunisme. A ses cotés, la voix de de Willard Harris (aussi connu sous le nom de "Relator") raconte des histoires comiques, inspirées du quotidien, truffées de jeux de mots sarcastiques. Sur la liste des invités, pour rehausser le projet d’une forte touche latin-jazz, on retrouve le musicien cubain mythique Paquito D’Rivera au saxo et à la clarinette ainsi que le pianiste argentin Darío Eskenazi. Une superbe ballade à travers le meilleur de la musique traditionnelle des Caraïbes qui évite les clichés des compilations souvenir pour touristes.






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